Les 200 000 « femmes esclave sexuelles » continuent de diviser la Corée du Sud et le Japon

Esclaves sexuelles de l’armée impériale nippone, ces femmes sont au coeur d’un contentieux entre Séoul et Tokyo depuis des décennies.

une-installation-a-seoul-pour-rendre-hommage-aux-femmes-de-reconfort-des-esclaves-sexuelles-n-le-27-decembre-2017_5997008La question des « femmes de réconfort » semble encore loin d’être réglée. Jeudi, le président sud-coréen Moon Jae-In a en effet affirmé que l’accord conclu avec Tokyo en 2015 au sujet de ces esclaves sexuelles de l’armée impériale nippone ne réglait pas le contentieux historique entre les deux pays.

200 000 esclaves sexuelles

La plupart des historiens estiment que jusqu’à 200 000 femmes (essentiellement des Coréennes mais aussi des Chinoises, des Indonésiennes et des ressortissantes d’autres pays asiatiques), ont été enrôlées de force dans les bordels de l’armée impériale. Les Sud-coréens y voient le symbole des abus et violences commis par le Japon pendant sa domination coloniale de 1910 à 1945.

En décembre 2015, la Corée du Sud et le Japon avaient conclu un accord « définitif et irréversible » aux termes duquel le Japon offrait ses « excuses sincères » et versait un milliard de yens (soit environ 7,5 millions d’euros) de dédommagement à une fondation, afin d’aider les rares « femmes de réconfort » sud-coréennes toujours en vie.

Mais cet accord, conclu par le gouvernement conservateur de l’ex-présidente depuis destituée Park Geun-Hye, avait été critiqué par une partie de l’opinion sud-coréenne. L’actuel président de centre-gauche s’était engagé lors de sa campagne à le réévaluer.

« L’accord ne règle pas le problème »

L’équipe spéciale chargée de l’étudier a conclu mercredi que l’accord avait été précipité. « Il a été confirmé que l’accord de 2015 (…) était très imparfait », a déclaré le président dans un communiqué diffusé jeudi.

« Bien que l’accord de 2015 était un accord officiel approuvé par les dirigeants des deux pays, je tiens à souligner que l’accord ne règle pas le problème des ‘femmes de réconfort’. »

Bien que « regrettables », les révélations de l’équipe spéciale sont « incontournables », a poursuivi le président, ordonnant à son administration de « prendre des mesures de suivi au plus tôt », sans en donner les détails.

Mercredi déjà, la ministre sud-coréenne des Affaires étrangères, Kang Kyung-wha, avait présenté ses excuses au sujet de cet accord, le jugeant « blessant » pour les victimes, estimant qu’il ne « reflétait pas » leur opinion. Ni elle ni le président n’ont été jusqu’à dire que leur pays allait sortir de cet accord. Le Japon a de son côté exhorté la Corée du Sud à le respecter.

Une éventuelle dénonciation du texte par Séoul aurait des conséquences sur la relation avec le Japon, au moment où les deux alliés des États-Unis font front commun face aux programmes nucléaire et balistique de Pyongyang.

Source : L’Express