Au moins 267 000 personnes victimes d’atteintes sexuelles dans les transports

Au moins 267 000 personnes ont été récemment victimes d’atteintes sexuelles dans les transports en communs, révèle une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. Les femmes sont particulièrement exposées.

Au moins 267 000 victimes d’atteintes sexuelles dans les transports en deux ans

Le chiffre est inquiétant. En deux ans, au moins 267 000 personnes ont été victimes d’atteintes sexuelles dans les transports en communs, selon une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publiée mardi soir, et que décrypte le Figaro.

Les chercheurs se sont appuyés sur l’enquête « Cadre de vie et sécurité » réalisée avec l’Insee pour laquelle « entre 11 000 et 14 000 individus sont interrogés chaque année sur ces questions ».

Verdict : entre 2014 et 2015, près de 160 000 personnes ont subi des gestes déplacés (baisers forcés, caresses etc.) dans les transports en commun et plus de 110 000 des exhibitions. Plus de 160 000 personnes ont subi d’autres actes tels que des attouchements sexuels, rapports sexuels ou tentatives de rapports sexuels non désirés. L’étude estime qu’il s’agit d’une « estimation basse ».

De nouveaux types d’agression

Les femmes subissent pour la plupart des agressions qui se manifestent par un contact physique avec l’auteur. Quant aux hommes, qui représentent « seulement » 15 % des victimes, ils sont surtout exposés à des cas d’exhibition.

Outre ces actes, de nouvelles formes d’atteintes sexuelles se développent : les agresseurs montrent à leurs victimes des images obscènes ou pornographiques sur leur téléphone, ou soulèvent leur jupe pour filmer dessous (ce que l’on appelle l' »upskirting »).

Il peut aussi s’agir de suivre les victimes sur leur trajet ou de les bloquer physiquement pour parvenir à ses fins.

Les femmes en première ligne

85 % des personnes qui subissent des atteintes sexuelles dans les transports en commun sont des femmes. Les jeunes sont particulièrement exposées : le « taux de victimation » des métropolitaines âgées de 18 à 21 ans atteint ainsi 2,3 %.

À partir de 35 ans, le risque d’atteintes sexuelles dans les transports en commun diminue.

Le phénomène est particulièrement marqué en région parisienne : 7,6 % des Franciliennes âgées de 18 à 21 ans disant avoir subi des atteintes sexuelles dans les transports en commun.

L’ODNRP reconnaît par ailleurs que face à ces atteintes, les femmes développent « des stratégies d’évitement, de résignation ou encore de contournement ».

Source : ledauphine.com