À Barcelone, des logements «capsules» à faibles loyers font polémique

Contre 200 euros par mois, une entreprise propose aux Barcelonais démunis d’habiter dans des micro-logements. Une initiative jugée indigne par la mairie catalane, qui s’oppose fermement à cette pratique.

À Barcelone, des logements «capsules» à faibles loyers font polémique

Un air de ruche. À Barcelone, une entreprise souhaite installer un appartement rempli de «capsules», surnom donné à ces réduits pouvant abriter une seule personne à l’horizontale. Avancée comme une réponse aux prix des loyers de la cité catalane, ces micro-logements de 2,4 m² se destinent aux personnes démunies, qui, à défaut de loger «dans des auberges ou dans les rues», pourront louer une place en échange de 200 euros par mois. Abondamment relayée dans la presse espagnole, cette initiative a suscité la colère de la mairie de Barcelone. «Une activité comme celle-ci n’a pas de place dans notre ville, que ce soit maintenant ou à l’avenir», a ainsi déclaré Janet Sanz, élue du conseil municipal. De son côté, le dirigeant de l’entreprise à l’origine des «logements capsules» avance que ceux-ci offriraient une solution crédible aux Barcelonais.

À l’origine, ce système d’habitations a été développé au Japon, où nombre d’hôtels sont aménagés de la sorte. Mais, à la différence du modèle nippon, la société espagnole est à la recherche de locaux et non de touristes. Une différence de taille, au vu des conséquences d’un séjour prolongé dans ces chambres de 3 mètres carrés. «Ce n’est pas un logement, c’est un cercueil», a estimé un internaute sur Twitter, résumant d’un mot les inquiétudes émises par une partie de la presse espagnole. Des questions sanitaires ont aussi été relevées, avec la cohabitation prévue d’une quinzaine de personnes dans un appartement de 100 mètres carrés.

«Nous ne réfléchissons pas aux logements du futur, mais en regardant autour de nous, on aperçoit des gens qui ont des difficultés financières», justifie Edi Wattenwil, interrogé par le journal El Pais. Accompagné d’une douzaine d’associés, il dirige l’entreprise qui cherche à importer le concept des «micro-logements» à Barcelone. Appellée Haibu 4.0 («ruche», en japonais), la société a déjà reçu près de 500 demandes d’inscriptions. «C’est une bonne idée de créer ce genre de résidence, explique Edi Wattenwil, afin que des gens puissent rester un temps chez nous – avant que leur situation financière s’améliore».

Reste pourtant à convaincre la mairie catalane, manifestement opposée au projet. «La loi interdit des résidences aussi petites, ce qui veut dire que cette entreprise n’obtiendra jamais ses licences», prévient Josep Maria Montaner, conseiller au logement à la municipalité de Barcelone. Une mise en garde balayée par le dirigeant de Haibu 4.0, qui promet «de se battre jusqu’au bout» pour son initiative. Dans le cas d’un échec en Espagne, la société compte investir d’autres villes européennes: Rome, Copenhague ou…Paris.

Source : Le Figaro