Affaire des assistants parlementaires : le Front national est mis en examen

Le parti a été mis en examen pour complicité d’abus de confiance dans le cadre de l’enquête menée sur de présumés emplois fictifs, expliquent « Le Monde » et Mediapart.

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Après Marine Le Pen, c’est au tour du Front national. Le parti, en tant que personne morale, a été mis en examen le 30 novembre, dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires européens, révèlent ce mardi 12 décembre « Le Monde » et Mediapart.

Représenté par son trésorier Wallerand de Saint-Just, le Front a été mis en examen pour complicité et recel d’abus de confiance.

« C’est la logique exacte de l’instruction », a réagi le trésorier auprès du quotidien.

« J’ai tout à fait contesté que le FN est bénéficiaire à mauvais droit d’argent du Parlement européen. »En septembre dernier, Wallerand de Saint-Just avait néanmoins reconnu qu’il y avait « pu y avoir des erreurs commises au regard d’une réglementation très rigide mais en aucun cas il n’y a eu de fraude ou de volonté de captation des fonds publics européens ».

De nombreux documents saisis lors de perquisitions, ainsi que plusieurs témoignages recueillis par les enquêteurs, viennent pourtant contredire cette version, rappelle « Le Monde ». Plusieurs notes et tableaux comptables permettent en effet à la justice de penser que le FN a sciemment organisé le financement de sa propre activité en détournant les fonds du Parlement européen, les enquêteurs décrivant « un système frauduleux, impliquant plusieurs cadres du Front national ».

Sans compter le Front national, six personnes (deux élues et quatre assistants) sont à ce stade poursuivies dans ce dossier. La présidente du parti frontiste et ex-eurodéputée Marine Le Pen a été elle-même mise en examen fin juin, pour abus de confiance et complicité d’abus de confiance.

L’ancienne cheffe de cabinet de Marine Le Pen au FN, Catherine Griset, est également poursuivie.

Un système organisé

Les juges d’instruction enquêtent sur un éventuel système organisé par le parti frontiste pour rémunérer des permanents avec des fonds publics de l’Union européenne, via ces contrats d’assistants au Parlement européen.

Dix-sept eurodéputés ou ex-eurodéputés FN, dont Marine Le Pen et son père Jean-Marie Le Pen, sont visés par cette enquête, ouverte en 2015, qui porte sur au moins une quarantaine d’assistants.

Le préjudice pour l’institution européenne s’élèverait, d’après ses calculs, à près de cinq millions d’euros de 2012 à 2017.

Son président de l’époque, le socialiste Martin Schulz avait saisi la justice française en mars 2015 après le constat que des assistants d’eurodéputés apparaissaient dans l’organigramme du parti.

Source : nouvelobs.com