Affaire libyenne : le fils de Kadhafi accable de nouveau Sarkozy

Saïf Al-Islam Kadhafi a réitéré ses accusations sur le financement de la campagne de l’ancien président Nicolas Sarkozy.

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Dans une lettre datée du 11 septembre et adressée à la justice française, le fils de Kadhafi, emprisonné, torturé puis libéré en juin 2016 en Libye, a de nouveau accablé l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, impliqué dans l’affaire libyenne.

Le Monde a eu accès à cette missive de 8 pages en arabe, transmise cet été par l’intermédiaire de son cabinet d’avocats britannique.

Saïf Al-Islam Kadhafi, toujours recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité, y détaille certaines transactions impliquant Claude Guéant, qu’il assure avoir été envoyé par Nicolas Sarkozy.

« Il avait pour rival Dominique de Villepin, également candidat. Or, les chances de réussite de ce dernier étaient maigres, ce qui avait été confirmé par des rapports spécialement commandés à cet effet. Cela avait encouragé l’Etat libyen à s’intéresser à la question du soutien à Sarkozy, qu’il avait effectivement reçu sous la forme d’une somme de 2 millions et demi d’euros », écrit-il dans sa lettre.

L’ancien président, mis en examen en mars dernier pour « corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics » aurait alors « dépêché Claude Guéant, afin de recevoir l’argent« .

Claude Guéant debout sur une valise d’argent

Selon le fils de l’ex-chef d’Etat libyen, ces contacts ont été établis en marge des négociations de la vente d’avions Airbus à la Libye en 2006.

Saïf Al-Islam Kadhafi raconte également une anecdote selon laquelle « la valise n’ayant pu contenir les sommes facilement, Claude Guéant serait monté dessus, appuyant avec ses pieds pour la fermer. Claude Guéant serait ensuite reparti en France avec ce montant ».

Contacté par Le Monde, l’ancien secrétaire général de l’Elysée, qui a nié en bloc, a estimé que l’auteur de la lettre était « animé d’une soif de vengeance » cherchant à « mettre en cause Nicolas Sarkozy, artisan principal de l’intervention militaire en Libye, et ses collaborateurs ».

Selon le quotidien, « les indices se sont révélés graves ou concordants aux yeux des juges d’instruction ».

Source : Le Progres