APL, prime d’activité… la fusion des allocs risque de faire des millions de perdants

Une étude montre que le regroupement des prestations sociales en une seule allocation unique risque de faire plus de perdants que de gagnants.APL, prime d’activité… la fusion des allocs risque de faire des millions de perdants

Prime d’activité, ASS, aides au logement, RSA, minimum vieillesse… le foisonnement des allocations sociales a de quoi désorienter les Français. Souvent décriées pour leur complexité et leur manque d’efficacité, ces prestations sont dans la ligne de mire du gouvernement. Depuis plusieurs mois, celui-ci étudie un possible regroupement de ces aides multiples en une seule allocation. Mais les récents chiffrages de cette réforme réalisés par France Stratégie ne vont pas rassurer les millions de ménages bénéficiaires de ces aides.

L’organisme de réflexion rattaché à Matignon a calculé les conséquences d’une fusion du revenu de solidarité active (RSA), de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), de la prime d’activité, des aides au logement (AL), de l’allocation adulte handicapé (AHH), de l’allocation de solidarité pour les personnes âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse) et de l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) en une seule “allocation sociale unique” (ASU). Selon le Monde qui a pu consulter en exclusivité ce rapport, les scénarios envisagés par France Stratégie – un barème “optimisé” et un barème “sous la contrainte” – montrent plutôt qu’il y aura plus de perdants que de gagnants.

Dans un scénario qualifié d’”optimisé”, ce sont 3,55 millions de ménages qui verraient leurs revenus diminuer, soit du fait que leurs prestations baissent soit qu’ils n’y ont plus droit. A comparer avec les 3,3 millions de foyers qui, eux, enregistreraient une hausse de leurs ressources. Mais si l’on se penche plus en détails sur les bénéficiaires des différentes aides, les résultats diffèrent selon l’allocation perçue. L’étude démontre ainsi que la réforme ferait “presque deux fois plus de perdants que de gagnants parmi les titulaires de l’ASS”, c’est-à-dire des chômeurs en fin de droit. Concernant les aides au logement, les ménages perdants seront aussi un peu plus nombreux que les gagnants. Dans l’ensemble, les scénarios élaborés permettraient tout de mêmede faire reculer le taux de pauvreté dans l’Hexagone et avantageraient les personnes occupant un emploi. A la rentrée, Emmanuel Macron présentera son plan anti-pauvreté. La fusion des allocations sera à nouveau en première ligne.

Source : Capital