Le « bacha bazi », des jeunes hommes esclaves sexuels travesties en femmes

Bacha Bazi dans le dialecte afghan signifie «jouer avec les garçons» et c’est un terme utilisé pour décrire les pratiques de nature sexuelle, impliquant les enfants et les adolescents. En Afghanistan l’homosexualité est sévèrement condamné par le gouvernement et par l’unanimité par les citoyens, qui, par contre, considèrent différemment la pédérastie, à savoir l’intérêt pour les enfants de sexe masculin. En effet, les victimes de ce « jeu » sont forcées à un silence indigne car sinon, elles seraient accusées d’homosexualité.

hqdefault

Les enfants sont une forme de divertissement pour les hommes adultes.

12405
image: hrbrief.org

Dans le passé, la pédérastie était considéréé comme quelque chose de normale et en effet, elle était considérée comme une pratique d’élite. En Afghanistan, la pratique s’est développée au 19e siècle, et c’est seulement en 1990 qu’elle a été temporairement interdite sous les pressions des talibans, qui à l’époque dirigaient le pays, mais la pratique s’est redeveloppée de plus belle en 2001, lorsque la présence des talibans est devenue plus faible.

Les enfants impliqués dans le Bacha Bazi ont un âge typique de la puberté, jusqu’aux premières années de la maturité: les jeux voient la participation d’hommes d’âge mûr, souvent des militaires politiciens et des personnages riches qui manifestent leur puissance à travers le contrôle d’enfants innocents. Le Bacha Bazi est en fait un rituel qui voit les rapports sexuels seulement comme but ultime: pendant les fêtes de groupe, les jeunes sont obligés de danser pour les hommes en portant des vêtements de femmes et du maquillage.

Les Bacha Bazi sont enlevés de leurs familles d’appartenance, mais parfois ce sont les parent-mêmes qui les vendent.

679px-Samarkand_A_group_of_musicians_playing_for_a_bacha_dancing_boy
image: commons.wikimedia.org

Tous les Bacha Bazi proviennent de situations familiales difficiles: de cette manière, il est difficile qu’un enlèvement puiss avoir une grande résonance. Parfois ce sont les familles qui vendent leur petit garçon car incapables d’en prendre soin ou pour en tirer profit.

Les garçons sont mis à l’écart dès qu’ils atteignent l’âge adulte, 18 ans. Ils sont abandonnés et leur sort est évidemment dramatique. Le gouvernement ne propose aucune forme d’assistance pour les victimes de cette pratique, même si elles sont nombreuses. D’autre part, les jeunes n’ont aucun moyen pour faire entendre leur voix, ils risqueraient de se trouver dans une condition encore pire car accusés d’homosexualité. Si certains arrivent à rebondir en trouvant un travail, pour d’autres la violence physiques et psychologique est trop profonde pour se réinsérer dans une vie normale. Condamné à un destin honteux, certains Bacha Bazi deviennent à leur tour exploiteurs d’enfants, d’autres se consacrent à la prostitution.

Cette pratique honteuse a eu un écho internationale, mais les violences continuent impunément.