Donald Trump veut couper les vivres aux cliniques pratiquant l’avortement

Le président américain s’apprête à annoncer que toute clinique pratiquant l’avortement, ou orientant les femmes vers des établissements qui le pratiquent, ne bénéficiera plus de certaines subventions fédérales.

Donald Trump veut couper les vivres aux cliniques pratiquant l’avortement

Donald Trump est sur le point de lancer une nouvelle attaque contre le droit à l’avortement. D’après The New York Times, la Maison-Blanche devait annoncer vendredi 18 mai que les structures médicales pratiquant l’avortement ou orientant les patientes vers des centres qui le pratiquent se verront priver de financements fédéraux. [Le président devrait finalement faire l’annonce mardi 22 mai, précise The Washington Post. Le projet de règle doit être examiné par le Bureau de la gestion et du budget de la Maison-Blanche et ne devrait pas prendre effet avant plusieurs mois.]

Trump et son gouvernement entendent couper à ces structures les fonds du “Titre X”, un programme de financement du planning familial instauré par Richard Nixon en 1970, qui bénéficie à des hôpitaux, cliniques, dispensaires et à diverses institutions. Comme le souligne le quotidien, “cette politique serait un retour à celle instituée en 1988 par le président Ronald Reagan, qui exigeait que les services pratiquant l’avortement soient ‘physiquement séparés’ et aient un ‘personnel séparé’ des autres activités de planning familial”.

Avortements ou financements

Le financement direct de programmes “où l’avortement est utilisé comme méthode de planning familial” était déjà interdit dans le cadre du “Titre X”. Mais les activistes conservateurs pro-vie demandaient un durcissement des règles pour que l’avortement ne puisse pas être pratiqué dans des structures qui reçoivent ces financements fédéraux.

Cette mesure vise une institution en premier lieu : le réseau de planning familial (Planned Parenthood). “Un responsable du gouvernement Trump a déclaré que la loi donnerait au planning familial, ainsi qu’aux autres associations recevant des subventions fédérales, un choix : se désintéresser de l’avortement ou perdre leur financement”, explique le journal new-yorkais.

La mesure risque d’avoir de graves conséquences dans certaines parties des États-Unis. Les défenseurs du droit à l’avortement “notent que le planning familial et d’autres organisations pratiquant des avortements sont souvent les seuls fournisseurs de soins de santé financés par l’État fédéral dans certaines régions du pays, ce qui signifie que certaines femmes qui y vivent pourraient tout simplement ne plus recevoir de soins médicaux”, conclut le New York Times.

Louise Guibert