Fonctionnaires: pour Philippe, supprimer des postes «semble évident»

Le premier ministre, qui souhaite un service public «plus efficace», dit assumer sa politique de baisse des dépenses qui doit notamment se traduire par la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires. «Il faut qu’un euro pris dans la poche des Français soit bien dépensé», a-t-il expliqué ce matin sur France 2.

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French Prime Minister Edouard Philippe speaks during a session of questions to the government at the National Assembly in Paris on July 3, 2018. / AFP PHOTO / Eric FEFERBERG

Le gouvernement entend mener à bien sa politique de suppression d’emplois dans la fonction publique, quelles que soient les polémiques. C’est ce qu’a répété ce mardi matin le premier ministre Édouard Philippe. «Je ne me pose pas la question tous les matins de savoir si ça doit être 120.000 emplois publics en moins dans l’ensemble des trois fonctions publiques. Mais qu’il faille diminuer l’emploi public dans certains domaines, ça me semble évident», a-t-il expliqué sur le plateau des 4 vérités sur France 2, tout en précisant que l’État poursuivait ses recrutements «dans la Défense, au ministère de l’Intérieur, de la Justice (…) parce que le monde est dangereux». «Nous faisons des choix et nous l’assumons», a-t-il lancé.>ment cherche économies désespérément…

Édouard Philippe rappelle que son seul objectif est «l’efficacité des dépenses publiques». Pour cela, il faut «faire en sorte que lorsqu’il y a des politiques publiques qui fonctionnent bien, elles soient préservées et si elles ne marchent pas bien, on les corrige». Le premier ministre l’admet: «on essaye de privilégier, c’est vrai, l’économie de moyens» car «chaque euro dépensé est pris dans la poche des Français» et doit être «bien dépensé». Selon lui, «nous pouvons nous organiser autrement pour faire en sorte de dépenser moins d’argent». Ce service public «plus efficace» devrait alors «permettre d’employer moins d’agents publics».

Ses propos étaient appuyés ce matin par ceux du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux: «Ce qui est intéressant, c’est de savoir comment on transforme l’action de l’État pour qu’il soit plus moderne et peut-être un peu moins coûteux. Ce qui m’intéresse, c’est que ça soit efficace, que ça aille plus vite et que ça coûte moins cher», a-t-il souligné sur franceinfo.

Ambitions revues à la baisse sur les comptes publics

Hier, lors de son discours à Versailles, Emmanuel Macron a exhorté son gouvernement à faire «des choix forts et courageux» pour tenir les engagements de baisse des dépenses publiques. Cette maîtrise des dépenses «s’accompagnera en particulier d’une réorganisation de l’État à travers plus de présence sur les territoires, plus de souplesse de gestion», a-t-il assuré. «D’ici la fin de l’année, le premier ministre présentera l’ensemble de ces décisions pour la transformation indispensable de l’action publique», a ajouté le président de la République. Pour ce faire, Édouard Philippe devrait s’appuyer sur le rapport des experts du comité Action publique 2022. Chaque ministère devra lever le voile sur ses plans d’économies dans les prochaines semaines. Bercy ouvrira le bal ce mercredi 11 juillet. Le chiffre de 20.000 suppressions de postes dans l’administration fiscale a été annoncé par Les Échos, cependant le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a réagi sur Twitter en estimant que le journal écrivait «n’importe quoi».

Au final, toutes ces économies devraient permettre à l’État de faire revenir ses comptes à l’équilibre. Certes, l’ambition a été revue à la baisse puisque le gouvernement tablait initialement sur un léger excédent budgétaire, mais la performance sera notable, assure Édouard Philippe. «J’ai 47 ans. Cela fait 43 ans que la France vote des budgets en déficit, 43 ans que jamais la France n’a équilibré ses comptes. Je trouve ça inquiétant. La dette s’accumule, qui doit la payer? Nos enfants (…) Notre but c’est de faire en sorte que nos finances reviennent à l’équilibre. Si on est à zéro plutôt qu’à 0,2% en excédent, on aura quand même réussi quelque chose qu’aucun gouvernement n’a réussi à faire depuis 43 ans», rappelle-t-il.

Source : Le Figaro