Les radars rapportent plus de 1 milliard d’euros

Les recettes des radars ont bondi de 10 % en 2017, selon la Cour des comptes. Le dynamisme des amendes reflète le durcissement décidé fin 2015, face à la recrudescence de la mortalité routière

Les radars rapportent plus de 1 milliard d’euros

Les automobilistes trop pressés remplissent de plus en plus les caisses de l’Etat.  Après une période de stagnation , les recettes des radars sont reparties à la hausse en 2017, battant un nouveau record à plus de 1 milliard d’euros. Selon  le rapport publié mercredi par la Cour des comptes sur l’exécution budgétaire, ce rendement se décompose entre 825 millions d’euros d’amendes forfaitaires et 189 millions d’euros d’amendes majorées, pour un total en progression de 10 % par rapport à l’année 2016. Le total du produit des amendes de circulation et de stationnement atteint, lui, 1,978 milliard d’euros (+9 %, par rapport à 2016 et +26,6 % par rapport à 2014).
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Ces chiffres reflètent le durcissement de la répression décidé fin 2015, face à la recrudescence de la mortalité routière. Le gouvernement avait alors revu la stratégie de contrôle automatisé. Avec à la clef une nouvelle hausse du nombre de radars et des contrôles toujours plus sophistiqués.

4.450 radars en France

Aujourd’hui, la France compte près de 4.450 radars. Un parc dont la composition est de plus en plus diversifiée. Les radars fixes sont progressivement remplacés par des modèles à double sens. Des radars autonomes, conçus pour être déplacés facilement, contrôlent souvent les zones de chantier. Ils sont parfois installés, sur des zones où l’accidentologie est particulièrement élevée, au milieu de radars « leurre » qui obligent les conducteurs à respecter scrupuleusement les limitations de vitesse sur l’ensemble du tronçon.

Viennent de s’ajouter les radars mobiles. Embarqués à bord de véhicules banalisés, ils sont bien plus difficiles à repérer pour les automobilistes. La France en compte presque 800, sachant que  les contrôles seront bientôt confiés à une société privée . « L’augmentation de la verbalisation par radar depuis 2015 est très forte du fait de l’augmentation du parc de radar comme de la modification de sa composition », constate la Cour des comptes. Son rapport souligne que la nouvelle génération d’appareils affiche un taux de verbalisation supérieur aux anciens radars.

Les automobilistes étrangers aussi

Les pouvoirs publics ont également progressé sur la disponibilité des radars. Ce taux, de 93 %, est conforme à l’objectif, alors que par le passé leur fonctionnement avait pu être perturbé par des dégradations ou un changement de prestataire. L’autre axe de progrès repose sur les échanges d’informations avec les autres Etats européens. Mise en place avec trois pays en 2013, cette coopération compte désormais treize partenaires, dont les principaux pays limitrophes, si bien que les automobilistes étrangers n’échappent plus aux amendes françaises. En 2017, le taux de transformation en avis de contravention d’un flash atteignait 71 % pour les immatriculations étrangères (avec un taux de paiement de 46 %), soit un niveau presque équivalent aux voitures immatriculées en France (pour lesquelles le taux de paiement est en revanche plus important, à 79 %).

Pour la Cour des comptes, l’ensemble de ces facteurs  « laissent présager une augmentation des recettes » en 2018, sans compter  le passage aux 80 km/heure sur certaines routes nationales . Les magistrats financiers critiquent néanmoins le manque de transparence dans l’affectation des recettes. Car les radars ne financent pas uniquement la Sécurité routière. Pour 440 millions d’euros, les recettes vont au désendettement de l’Etat. Quelque 405 millions d’euros sont affectés à l’AFITF, l’agence chargée du financement des infrastructures, qui consacre au total près de 800 millions d’euros à l’amélioration du réseau routier.

Source : lesechos.fr