Nos descendants seront-ils infertiles dès 2060 ?

Polluants, perturbateurs endocriniens, malbouffe ou encore tabac. Autant de facteurs qui ne cessent de faire baisser la quantité de spermatozoïdes chez l’homme.

group of sperms
3d rendering group of sperms

L’extinction de l’être humain serait-elle proche? Si l’on en croit une étude (a priori sérieuse) publiée en juillet dernier dans la revue spécialisée Human Reproduction Update, la question pourrait finir par se poser…

Un constat: le nombre moyen de spermatozoïdes des hommes dans les pays les plus industrialisés du monde a diminué de près de 60% en l’espace de quarante ans. Et continuerait de baisser, en particulier dans le monde occidental: Amérique du Nord, Europe, Australie et Nouvelle-Zélande. Sur un échantillon de 42.935 hommes, les chercheurs n’ont étrangement pas retrouvé ce déclin auprès des hommes venant d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud.

Notre mode de vie pointé du doigt

Si la qualité du sperme humain continue de se dégrader au même rythme, les conséquences sur la fertilité des hommes pourraient se faire sentir bien plus tôt que ce que l’on imagine, explique Chris Barrat, professeur en sciences de la reproduction humaine à l’université de Dundee, en Écosse:

«Si on extrapole les chiffres des spermatozoïdes de manière logique, les hommes n’auront plus ou presque plus de capacité reproductive à partir de 2060.»

La baisse de la fertilité est corrélée à des problèmes de santé publique, et notamment à des facteurs environnementaux. L’exposition à une importante quantité de produits polluants (comme les pesticides) serait ainsi mise en cause. À l’image du bisphenol A, les pertubateurs endocriniens présents dans de nombreux produits du quotidien auraient un impact direct sur la fertilité. Mauvaise alimentation, stress et tabac viendraient aggraver le tout.

Si la quantité de spermatozoïdes joue un rôle déterminant dans le processus de fécondation, les résultats de l’étude en question seraient toutefois à relativiser. Et pour cela, Stefan Schlatt, chercheur auprès de l’université de Munster en Allemagne, avance un drôle d’argument:

«Quand vos grands-pères faisaient des prélèvements de sperme, ils prenaient ça très au sérieux et n’éjaculaient pas les 5 ou 6 jours précédant l’analyse. De nos jours, les choses ont changé. Je pense que la fréquence des éjaculations a depuis augmenté.»

Faible quantité de spermatozoïdes ne voudrait pas (forcément) dire infertilité …

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