De nouveaux « Panama Papers » aux Bermudes ?

Le cabinet d’avocats Appleby, basé aux Bermudes et spécialisé dans les sociétés offshore, dit avoir été victime d’un piratage il y a un an. Il craint que des informations financières concernant ses plus riches clients soient rendues publiques prochainement.

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« L’un des plus grands cabinets d’avocats offshore. » C’est ainsi que se présente Appleby, bureau situé aux Bermudes, regroupant des avocats spécialistes de l’optimisation fiscale. Le cabinet a indiqué, dans un communiqué publié le 24 octobre, s’attendre à voir paraître prochainement des informations relatives à certaines des plus riches personnes de la planète… Appleby révèle notamment avoir été victime d’une cyber-attaque il y a un an, qui aurait pu compromettre la sécurité des données de ses clients.

Une activité légale

Outre son agence des Bermudes, territoire britannique d’outre-mer, Appleby a également des bureaux aux Îles Caïmans, à Guernesey, à l’Île de Man, à Jersey ou aux Seychelles. Le cabinet s’occupe ainsi particulièrement de la gestion des capitaux pour des entités juridiques n’étant pas présentes sur ces territoires, des sociétés dites « offshore » donc.

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Le cabinet possède également des bureaux sur l’île de Guernesey, au large des côtes normandes. (Photo : Jean-Yves Desfoux/Ouest France)

Une activité qui n’est pas illégale a priori. C’est ce qu’explique Éric Vernier au magazine Capital en 2016. Chercheur à l’Institut de relations internationales (Iris) et auteur de l’ouvrage Fraude fiscale et paradis fiscaux, le spécialiste précise ainsi que les sociétés offshore peuvent permettre à une entreprise « de faire en sorte que les bénéfices soient déclarés dans un territoire où il y a peu ou pas dimpôt », afin d’augmenter leur rentabilité.

Contacté par des journalistes d’investigation

Victime il y a un an d’un « incident sur la sécurité de ses données », le cabinet a néanmoins décidé de prendre les devants après certaines demandes de renseignements effectuées par des journalistes issus du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

C’était cette organisation de journalistes qui avaient déclenché le scandale des « Panama Papers » en avril 2016, en révélant les pratiques financières illégales de nombreuses riches personnalités dans le monde. Ces révélations avaient été possibles grâce aux fuites de près de 11,5 millions de documents secrets issus du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca.

Comme l’avance le communiqué de l’organisation d’avocats détaillé par l’AFP, les renseignements demandés par le Consortium « sont basés sur des documents que les journalistes affirment avoir vus, et qui mettent en cause les affaires du cabinet et celles de nos clients ». Pour se défendre, le cabinet a d’ores et déjà affirmé que toutes assimilations de ses pratiques à une quelconque activité illégale seraient « infondées » et seraient dues au « manque de compréhension des structures légales utilisées dans le secteur offshore ». Dans son communiqué, le cabinet dément ainsi l’existence « d’actes répréhensibles » de la part de ses clients.

De son côté, The Daily Telegraph annonce dans son édition publiée ce mercredi 25 octobre que ces fuites concerneraient « certains des Britanniques les plus riches ». Pour le quotidien, ces révélations potentielles soulèvent par la même occasion la question du statut de ces territoires britanniques d’outre-mer, « qui peuvent offrir des avantages fiscaux aux plus riches ».

Source : ouest-france.fr