Plus de 150 députés appellent à légiférer sur l’euthanasie

Ces élus ont signé une tribune publiée mercredi dans Le Monde. Ils veulent donner aux malades en fin de vie « la libre disposition de leurs corps ».

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L’ancien Premier ministre Manuel Valls, le chef de file des députés socialistes Olivier Faure ou le vice-président de l’Assemblée nationale Yves Jégo : ce sont quelques-uns des 156 députés qui ont signé une tribune appelant à légiférer en faveur de l’euthanasie cette année et publiée ce mercredi dans le Monde.

« Le choix de la personne doit pouvoir être respecté, quand il est libre, éclairé, soumis à nulle contrainte ou dépression, exprimé de façon réitérée, et que des médecins ont confirmé l’impasse thérapeutique », disent les députés dans cette tribune dont l’élu LREM du Rhône Jean-Louis Touraine est « à l’initiative ». « Il convient de donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps et, c’est essentiel, de leur destin. »

Les signataires veulent « sortir de l’hypocrisie »

Appelant à « sortir de l’hypocrisie » et à réviser la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie adoptée en 2016, ils rappellent que « 89 % des Français considèrent important de légaliser l’euthanasie », selon un récent sondage de l’Ifop pour La Croix et le Forum européen de bioéthique. « De nombreux Français en phase avancée d’une maladie incurable vont également chercher – et obtenir – la délivrance dans l’un ou l’autre des pays ayant déjà légiféré sur cette possibilité », disent-ils. Les députés citent notamment l’exemple d’Anne Bert, euthanasiée en Belgique à sa demande en octobre dernier.

« Un malade en fin de vie, dans une « impasse thérapeutique », peut obtenir une aide à mourir dans les hôpitaux français », affirment-ils. « Ces euthanasies sont pratiquées en toute illégalité. D’après l’Ined, entre 2000 et 4000 personnes reçoivent cette aide chaque année dans notre pays », écrivent-ils.

« Il en va aujourd’hui de cette question comme il en allait de l’IVG au début des années 1970 », ajoutent-ils, appelant à « sortir de l’hypocrisie qui prive certains d’une aide souhaitée et qui impose à tous une agonie pénible ». « C’est pourquoi nous, députés issus d’horizons différents, proposons de légiférer en ce sens au cours de l’année 2018 », concluent les signataires de la tribune.

Source : leparisien.fr