« Plus je hurlais, plus il cognait »: une 2e victime présumée de Tariq Ramadan témoigne

C’est la première fois qu’elle s’exprime à la télévision. Après Henda Ayari, elle est la deuxième française à avoir porté plainte pour viol contre l’islamologue controversé. Voici son témoignage.

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« J’ai eu la peur de ma vie », confie-t-elle. Christelle*, 45 ans, est la deuxième Française à avoir porté plainte pour viol contre Tariq Ramadan. Pour la première fois, elle s’exprime à la télévision et livre en exclusivité à BFMTV un témoignage étayé de sa rencontre avec l’islamologue. Son récit, circonstancié et accablant, a été adressé au parquet de Paris le 27 octobre dernier.

« Docteur Jekyll et M. Hyde »

Les faits remontent à l’année 2009. Christelle, atteinte d’un handicap à la jambe, convertie à l’islam deux ans plus tôt, entre d’abord en contact avec Tariq Ramadan sur les réseaux sociaux. Les échanges sont « cordiaux, polis, professionnels et religieux ».

Le 9 octobre, elle le rencontre pour la première fois, dans un hôtel de la ville où il donne une conférence. L’islamologue la convainc de monter dans sa chambre, pour discuter plus au calme. « Il était dans mon dos et quand je me retourne, ce n’est plus la même personne que j’ai en face de moi », raconte Christelle.

« J’avais l’impression d’avoir docteur Jekyll et M. Hyde. Un regard de fou, terrifiant. La mâchoire serrée. »

« Je hurlais au secours »

Les violences auraient alors commencé. Christelle affirme que Tariq Ramadan « donne un coup dans sa béquille » pour la faire tomber et la « récupère par les cheveux ». « Et là, c’est l’enfer », poursuit-elle.

« C’est des coups, des violences sexuelles, des mots ignobles, d’une vulgarité sans nom. Je hurlais au secours, je hurlais ‘non’ et plus je hurlais, plus il cognait. »

Les sévices auraient duré « des heures », affirme Christelle. Son témoignage est appuyé par des certificats médicaux qui dénombrent plusieurs hématomes et des lésions aux parties intimes.

Harcelée pour garder le silence

Mais « l’enfer » continue en dehors de la chambre d’hôtel. La victime présumée raconte avoir ensuite été harcelée pour garder le silence. « C’est des menaces, des intimidations, des gens qui vous menacent de mort, des e-mails par centaine de menaces de mort et d’insultes », assure-t-elle.

Le témoignage d’Henda Ayari, la première femme à accuser publiquement de viol l’islamologue, la décide à porter plainte. Tariq Ramadan nie les faits et dénonce « un complot ». Ses avocats, plusieurs fois sollicités, n’ont pas souhaité s’exprimer.

Depuis son témoignage, Henda Ayari a été placée sous protection policière, indique Le Parisien ce mercredi. Cette ancienne salafiste devenue militante féministe continue à recevoir des menaces de mort sur les réseaux sociaux. Elle a porté plainte contre X pour « menace et insulte », le 16 novembre dernier, auprès de la brigade criminelle de Rouen.

* Le prénom a été modifié

Source : BFMTV