Des quantités importantes de glace découvertes sur Mars

Sous une épaisseur de terre rougeâtre se trouve une couche de glace de 90 mètres d’épaisseur qui donne au paysage une teinte bleu-noir. Sur Mars, une équipe de chercheurs affirme avoir localisé huit de ces caractéristiques géologiques. De précieuses ressources potentielles d’eau pour de futures missions humaines ?

MC2JEABU4U2VBGWBGWGOS7KA7M-758×606

Des chercheurs confirment avoir repéré huit zones en pente raide dans lesquelles l’érosion a ramené des quantités importantes de glace près de la surface. L’étude se base sur des données recueillies par le Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), mission lancée en 2005 par la NASA. « Ce type de glace est plus répandu que nous le pensions auparavant », note Colin Dundas, géologue de l’Institut américain de géophysique. Si l’existence de glace sur la planète rouge n’est pas nouvelle, de nombreuses questions subsistaient cependant quant à sa composition, son épaisseur ou encore sa superficie .

Les scientifiques révèlent également que les glaces répertoriées ici semblent compactes et solides, et que les différentes nuances de couleurs observées dans ces dépôts sont très intéressantes. En effet, la composition de la glace en couches distinctes pourrait aider à comprendre les changements climatiques qui ont eu lieu sur la planète rouge, ce qui en ferait l’équivalent des carottes glaciaires sur Terre. « Ces strates se sont probablement formées avec l’accumulation de la neige au gré de nombreuses saisons lors de précédents cycles climatiques », explique Susan Conway, géologue à l’Université de Nantes en France à Science. Elle ajoute que « la seule explication plausible » est que par la suite, le vent a ramené sable et poussière sur ces plaques de glace.

Ces sites intéressent donc particulièrement les chercheurs pour les futures bases d’exploration humaine. En combinant cette glace d’eau avec du dioxyde de carbone (CO2) – qui forme l’essentiel de l’atmosphère martienne – les futurs explorateurs pourraient en effet produire du méthane, carburant nécessaire aux moteurs de fusée, mais surtout de l’oxygène pour pouvoir respirer. Présente seulement à quelques mètres de la surface, cette eau pourrait être facilement accessible par forage.

Ces lieux riches en glace ont en revanche tous été décelés à des latitudes d’environ 55 degrés nord et sud. Le souci est donc que ces endroits deviennent très froids et ne peuvent accueillir des bases de recherche humaines durant le long hiver martien, qui plus est lorsque ces dernières sont dépendantes de l’énergie solaire. En espérant que d’ici là, de grandes quantités de glace près de la surface du sol soient découvertes dans les régions plus hospitalières.

Source