Santé. La liste noire des cachets sans ordonnances

L’association 60 Millions de consommateurs dresse l’inventaire des médicaments à proscrire pour leurs effets secondaires jugés « gravissimes ».

 liste noire des cachets sans ordonnances

Et si, lorsque vous achetez une boîte d’Actifed contre le rhume, vous vous faisiez plus de mal que de bien ? L’alerte lancée hier par 60 Millions de consommateurs, avec son hors-série sur les médicaments dangereux, a de quoi interroger nos habitudes d’automédication. L’association a mené une étude sur 62 médicaments vendus sans ordonnance et fréquemment achetés.

Passés au crible par le professeur Jean-Paul Giroud, pharmacologue clinicien, membre de l’Académie de médecine, et Hélène Berthelot, pharmacienne, 79 % de ces antitoux ou antigrippe sont à proscrire. Pourquoi ? Parce que le rapport bénéfice/risque est jugé défavorable. La démonstration des risques du surdosage est flagrante avec trois médicaments stars antirhume : Actifed rhume, Dolirhume et Nurofen rhume. Fabriqués à base de trois composants actifs – un vasoconstricteur (nez bouché), un antihistaminique (nez qui coule) et du paracétamol ou de l’ibuprofène (mal de tête) –, ils peuvent provoquer des effets indésirables « gravissimes », allant des vertiges aux accidents cardio-vasculaires ou neurologiques. « En somme, pour décongestionner un nez bouché, on met un bazooka à la disposition des malades », explique l’association, qui évoque notamment la pseudoéphédrine. Pour le professeur Giroud, « cette substance expose à des risques d’accidents cardio-vasculaires et d’AVC ». Vendus sans ordonnance, ces médicaments délivrent jusqu’à 30 fois la dose de ceux qui s’administrent par voie nasale et qui sont accessibles seulement sur ordonnance. « Ils devraient être retirés du marché », affirme le pharmacologue.

Les pastilles pour la gorge également épinglées

Pour les médicaments destinés à soulager la toux, en bonne place des ventes, le bilan de 60 Millions de consommateurs reste tout aussi alarmant, avec seulement un médicament à privilégier et 60 % à proscrire. Le magazine épingle aussi des pastilles pour la gorge à base d’anti-inflammatoires comme Strefen sans sucre, qui présente inutilement un risque d’hémorragies digestives.

Dans la liste noire, on retrouve des fluidifiants bronchiques : « Ils n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité et peuvent être sources d’allergie et d’irritation du tube digestif », poursuit le professeur Giroud.

Pour l’association, l’objectif de cette étude, qui a vu exploser le nombre de médicaments inefficaces, consiste à rendre davantage visibles les contre-indications et les effets indésirables, trop souvent ignorés des Français. Sans doute en raison de campagnes publicitaires, elles, très efficaces.

Source : humanite.f