Toulouse : ce que l’on sait sur le viol collectif d’une jeune femme lors d’une soirée en boîte de nuit

L’enquête avance autour du viol collectif filmé d’une jeune femme, le week-end des samedi 15 et dimanche 16 septembre 2018, sur le parking d’une boîte de Balma, près de Toulouse.

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À l’arrière-plan de cette image, le parking de la boîte de nuit où une jeune femme a été victime d’un viol collectif, le week-end des samedi 15 et dimanche 16 septembre 2018, à Balma (Haute-Garonne), aux portes de Toulouse. (©G.L. / Actu Toulouse)

Les choses se précisent, autour de l’agression sexuelle perpétrée dans la région de Toulouse, et dont les images ont tourné en boucle en ce début de semaine sur les réseaux sociaux, jusqu’à ce que les autorités ne se saisissent du dossier, lundi 17 septembre 2018, en soirée.

Que voit-on sur cette vidéo ?

Les « actes sexuels non consentis » décrits par la police lundi ne sont autres qu’un viol en réunion. Sur la vidéo et ses extraits, qu’Actu Toulouse a pu consulter, on voit au moins quatre jeunes hommes violant une fille, visiblement très alcoolisée. Sur ces images, l’un des protagonistes s’écrie : « Oh les gars, laissez moi tout seul avec elle, faut que je lui règle son compte ». « Eh les gars, les gars, chacun son tour », intervient également un autre homme. Humiliée, la jeune femme est tirée par les cheveux, les fesses à nu. « Elle aime la b… », crie un autre des suspects, qui incite à plusieurs reprises la jeune fille à pratiquer des fellations.

Au début de cette vidéo, on entend également la victime crier, probablement pour échapper à ses agresseurs. Surtout, un ou plusieurs suspects répète(nt) : « Arrête de filmer, c’est un viol, c’est un viol ». Ce qui laisse à penser que ces hommes étaient parfaitement conscients de leurs actes.

De quand date la vidéo ?

La date précise des faits, et de la vidéo : c’est l’un des éléments clés que devront élucider les gendarmes de Balma et leurs collègues de la section de recherches de Toulouse Saint-Michel, dans cette sombre affaire. Des rumeurs assurent que l’événement s’est déroulé dimanche 16 septembre 2018, en soirée. Cela reste à vérifier. Mais une source proche de l’enquête précise à Actu Toulouse que les faits se seraient bel et bien produits « au cours de ce week-end dernier ».

Où la vidéo a-t-elle été prise ?

Quant au lieu de l’agression, là aussi, c’est l’objet de multiples supputations sur les réseaux sociaux. Des établissements situés au nord ou en centre-ville de Toulouse sont cités à tort. D’après nos informations, confirmées par le parquet de Toulouse, les faits incriminés se sont produits sur le parking du Carpe Diem, une boîte de nuit de Balma (Haute-Garonne). Sollicitée par Actu Toulouse, la direction de cet établissement n’a pas souhaité répondre à nos questions. Mais elle a été entendue par les gendarmes, mardi. Les enquêteurs étaient d’ailleurs sur place, mardi fin d’après-midi.

Comment se porte la victime ?

La victime a été identifiée par les enquêteurs. D’après France 3 Occitanie, elle serait originaire du Tarn. Selon plusieurs sources concordantes, la jeune femme, âgée de 19 ans, était très alcoolisée au moment des faits, et ne se serait pas rappelée, à son réveil, de sa terrible soirée en boîte de nuit. Mardi soir, la victime n’avait pas encore été auditionnée par les forces de l’ordre, mais elle devait l’être dans les prochaines heures. Par ailleurs, elle n’avait pas encore déposé plainte. Mais d’après nos informations, avec ou sans plainte de la victime, le parquet devrait vraisemblablement ouvrir une information judiciaire.

Qui sont les suspects ?

Des informations en tout genre circulent sur les réseaux sociaux, autour des suspects. Notamment une photo de quatre jeunes hommes qui tourne en boucle, ainsi que l’image et le prénom d’un d’entre eux en particulier. À cette heure, rien n’indique que ces individus sont les protagonistes de l’affaire… Les autorités appellent donc à la prudence.

En fin d’après-midi, mardi, aucun des suspects n’avait été formellement identifié et interpellé. Toujours est-il que pour viol en réunion, les auteurs des faits encourent une peine de 20 ans de réclusion criminelle.

La police avait appelé à ne pas relayer la vidéo

Rappelons que c’est la Police nationale qui a officialisé l’affaire, lundi, sur twitter : elle avait reçu de nombreux signalements après la circulation sur le réseau social Snapchat d’images présentant « des actes sexuels non consentis, qui seraient survenus dans la région toulousaine », avait-elle expliqué dans un tweet.

La police avait appelé à ne pas relayer cette vidéo, si jamais vous veniez à tomber sur le contenu en question. Les services compétents ont été saisis pour identifier l’auteur de la vidéo, et remonter jusqu’aux protagonistes de la scène.

Comment la vidéo a-t-elle été signalée ?

La vidéo, dont plusieurs extraits tournaient en boucle, est apparue en début d’après-midi lundi sur les réseaux sociaux, et a disparu de Snapchat et Twitter au bout de quelques heures, mais des captures d’écran sont vite devenues virales. Le parquet de Toulouse a été informé des faits via deux canaux différents.

D’un côté, de nombreuses personnes, choquées par ces images, se sont connectées sur Pharos (Plateforme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements), afin de faire disparaître cette vidéo. Mise en place par le ministère de l’Intérieur pour « dénoncer des faits illicites de l’Internet », cette plateforme permet en effet d’alerter plus rapidement les services compétents, pour supprimer les images et données des réseaux sociaux concernés, mais aussi pour retrouver les suspects et, le cas échéant, les poursuivre en justice.

De l’autre côté, la brigade du numérique de la gendarmerie nationale, basée à Rennes (Ille-et-Vilaine), a également alerté le parquet de Toulouse.

Source : actu.fr