Woerth reste président de la commission des finances malgré sa mise en examen

Alors que les députés LR font unanimement bloc autour de l’ancien ministre sarkozyste, leurs collègues de LaREM restent solidaires mais se montrent plus prudents.

Woerth reste président de la commission des finances malgré sa mise en examen

La mise en examen d’Eric Woerth dans l’affaire libyenne pose-t-elle un cas de conscience aux députés de La République en marche? Au lendemain de ce rebondissement judiciaire, la question de la capacité de l’ex-ministre à se maintenir à la tête de la prestigieuse commission des finances de l’Assemblée nationale est soulevée. Selon les informations du Monde, les élus Les Républicains font bloc autour de leur collègue, qui les a réunis ce mercredi matin dans son bureau du palais Bourbon. En ouverture de cette réunion, l’intéressé a dit un «petit mot» sur son «actualité personnelle» et précisé qu’il ne ferait «pas part de (ses) sentiments personnels». Mais «vous pouvez peut-être les imaginer», a-t-il ajouté, selon l’AFP.

L’ancien maire de Chantilly (Oise), déjà mis en examen puis relaxé en 2015 dans l’affaire Bettencourt, compte bien faire valoir la présomption d’innocence pour rester à son poste. Dans un communiqué publié mardi après-midi, les députés LR ont d’ailleurs fait état de la «probité» et du «sens de l’intérêt général» d’Eric Woerth, lui renouvelant «unanimement leur confiance et leur soutien» et lui témoignant «toute leur affection». Pas question, donc, de provoquer un jeu de chaises musicales et tenter de le remplacer.

Une députée LaREM dénonce un «problème symbolique»

Du côté de la majorité, les réactions sont en revanche plus mesurées. «Nous n’avons pas à commenter une affaire judiciaire en cours. Eric Woerth est, qui plus est, un très bon président de la commission des finances», a déclaré au Monde la députée de Paris, Olivia Grégoire, porte-parole du groupe LaREM et membre de ladite commission. Son collègue Gilles Le Gendre, vice-président du groupe à l’Assemblée, s’est ensuite exprimé ès qualités: «Nous considérons que cette affaire n’a pas à impliquer qui que ce soit, n’a pas à justifier la moindre opposition et encore moins la moindre récupération du groupe majoritaire» et «nous considérons que vous êtes absolument légitime à la tête de cette commission», a-t-il jugé.

Interrogée sur LCP ce mercredi, sa collègue de Gironde, Catherine Fabre, semblait toutefois moins définitive. «Cela pose surtout un problème symbolique. (…) Les Français sont en attente justement d’avoir des politiques exemplaires, et il faudrait vraiment que cette moralisation de la vie politique se concrétise rapidement», a-t-elle exhorté, en allusion à ce grand texte promis par Emmanuel Macron durant la campagne et porté par François Bayrou puis Nicole Belloubet au début du quinquennat.

Source : Le Figaro